Le journal de bord

Les récits de nos aventures

La bahía de Santander

02-10-2021

Cela va faire maintenant 10 jours que nous flânons au mouillage dans la baie de Santander du côté de Somo à la Playa del Puntal exactement. Ici il n'y a pas beaucoup d'eau sous le bateau et les cartes ne sont pas vraiment exactes, ce qui nous aura valu un petit talonnage sur le sable la première fois que nous entrons dans l'anse alors que la carte annonçait 1,4m d'eau - il y avait en réalité 40cm :). Mais un jour, un ami nous a dit, "Un Trismus ? C'est des 4x4 des mers ces bateaux !". En effet, même si nous restons bloqués sur un banc de sable, il suffit d'attendre quelques heures que la marée monte pour être libre :). Somo c'est le spot de surf, tous les jours des centaines de surfeurs viennent glisser sur les rouleaux de la houle du large. Nous on regarde et ça donne envie, un jour peut-être... Aujourd'hui nous avons décidé de passer le weekend dans un port pour laisser passer le coup de vent qui s'annonce ce soir sur tout le Golfe de Gascogne. Même les participants de la Mini Transat ont dû faire escale en Galice alors qu'ils étaient en course pour laisser passer le mauvais temps =/. La bonne nouvelle c'est qu'à partir de jeudi prochain des vents d'Est sont annoncés ce qui nous permettra de faire de l'Ouest tranquillement !

 

 

La traversée du golfe de Gascogne

22-09-2021

Après plusieurs semaines d'attente d'une fenêtre météo correcte pour traverser Gascogne, c'est le 19 septembre que nous appareillons de l'ile de Houât. La météo est instable depuis le mois de septembre mais nous profitons d'un vent de nord et nord-ouest entre 15 et 25 nœuds la première nuit et 15 et 20 nœuds la deuxième nuit avec une mer d'environ 3m sur période de 10 secondes. Pour la première nuit nous avons fait route vers l'ile d'Yeu pour pouvoir capter la 4G à ses abords et ainsi confirmer la météo à venir pour la nuit. La météo semble bonne du coup on continue direction Santander. À l'approche du plateau continental où les fonds passent de 100 mètres à 4000 de profondeur la mer était vraiment dans un sacré désordre avec des vagues qui semblent bien plus hautes que les 3 mètres annoncés. On peut dire qu'il y a eu des vagues en abondance ce soir-là :). Cette première nuit a été un peu sport avec par exemple un empannage en urgence pour éviter un cargo que nous avons vu à la dernière minute et où 6 des coulisseaux de la grande voile ont sauté durant la manœuvre. On affale comme on peut la grande voile pour continuer la route sous génois seul à une vitesse moyenne de 7 nœuds. Cette nuit, le GPS enregistre même une pointe à 13,68 noeuds dans un surf ! C'est au petit matin quand nous y voyons un peu plus clair que nous remplaçons les coulisseaux qui ont cassé. Une fois le plateau continental passé, la mer est un peu mieux rangée et le deuxième jour se passe tranquillement - nous avons même le droit au soleil ! La deuxième nuit était calme et claire avec une jolie brise qui nous pousse tranquillement sur Santander. Au petit matin de la deuxième nuit c'est la pluie qui est au rendez-vous et le vent lui qui fait grasse matinée ! On avance comme ont peu dans cette mer avec très peu de vent et c'est à 15h que nous arrivons sur Santander après 270 nautiques avalés en 54 heures.

 

 

Sortie de l'eau avant le départ

10-07-2021

Après 10 mois à flot nous sortons le canot de l'eau pour une dernière préparation avant le grand départ. Nettoyage, ponçage et 3 couches de matrice dures AFC+ de chez Soromap, nous verrons ce que ça donne à notre retour :). C'est aussi le bon moment pour faire le grand ménage de l'habitacle et de faire le tri dans ce qu'on garde et ce qu'on débarque, et ça ce n'est pas facile ! On en profite également pour se faire une batterie de tests médicaux et Jonathan se retrouve aux urgences suite à une échographie de l'œil pour un potentiel œdème papillaire... Après plusieurs heures d'attente, les résultats du scanner cérébral tombent et tout va bien ! Rassurés, nous continuons de préparer le bateau : gaz, eau, avitaillement, pièces de rechange, pharmacie, le checkup complet en gros. Une fois à l'eau, c'est au mouillage du Logeo que nous sommes amarrés pour le mois de juillet. Départ prévu la première semaine d'aout !

 

 

Un hiver au mouillage

19-05-2021

Voilà maintenant 5 mois que nous sommes dans l'anse de Kerners dans le Golfe du Morbihan. L'hiver a été rude avec un pique négatif à -5°C et des forts coups de vent de sud ouest. Cependant, l'anse offre un très bon abri des vents et de la houle et avec le poêle à bois la température du carré affiche 20 à 25°C en permanence - ambiance chalet à la montagne :). La vie au mouillage s'organise tranquillement, gestion de l'eau, des vivres, des déchets, des batteries et du boulot. Le bateau est autonome en énergie, en journée les panneaux solaires gardent les batteries pleines et la nuit c'est l'éolienne qui prend le relai. Si jamais le vent et le soleil manquent à l'appel, c'est le moteur qui fournit l'énergie nécessaire. Niveau eau, nous consommons en moyenne 15 à 20 litres pour deux et par jour. Pour le gaz, une bouteille de 13 Kg tient les 6 à 7 mois facile et si jamais nous devons nous restreindre sur le gaz, le poêle à bois peut servir de plaque de cuisson ! Nous descendons à terre tous les jours pour la balade quotidienne et le ravitaillement. La famille nous prête une annexe rigide avec un 20 cv, c'est la grande classe et parfait pour le Golfe. Échouage facile sans risque de crever les boudins et notre rayon de balades s'étend sur tout le Golfe : Île aux Moines, Ilur, Arz, Berder et tant d'autres ! Le weekend quand les conditions météo le permettent, c'est les 9 tonnes de Vagues Abondent II qui nous transportent sur Quiberon, Houat, Belle-île ou Hoedic. Nous avons toujours pour projet de partir vers la Galice cet été en espérant que les frontières restent ouvertes. En attendant, nous continuons à préparer le bateau un peu plus chaque jour pour être fin prêt à larguer les amarres dès que les feux seront au vert :). D'ici là, stay safe and happy to live !

 

 

Direction le Golfe du Morbihan

01-01-2021

Après 2 ans de vie dans le Finistère dont 5 mois de chantier pour remettre Vagues Abondent II au top et en y laissant de merveilleux souvenirs ainsi que de très bonnes rencontres, c'est en ce 1er janvier que nous appareillons de Port la Forêt direction le Golfe du Morbihan pour de nouvelles aventures ! Le départ se fait à 8h du matin avec un petit 0°C et une fine couche de gel sur le pont qui nous rappelle qu'il faut bien se tenir ! Nous sommes seuls sur le plan d'eau et l'aurore nous offre son plus beau des ballets. Vagues Abondent II court 6 noeuds avec le soleil levant devant l'étrave et nous on se réchauffe avec une tasse de thé en se remémorant tous les souvenirs qu'on laisse dans son sillage. Après 65 nautiques, nous arrivons dans la anse de Kerners, notre petit jardin pour les 7 prochains mois avant de reprendre la route plus au sud direction la Galice !

 

 

Enfin sur l'eau !

10-10-2020

Quelques jours après la mise à l'eau, la tempête Alex nous accueille en bonne et due forme. Nous voilà donc bloqué au port en attendant de meilleurs jours pour finir de peaufiner la configuration du bateau sur le plan d'eau. C'est une semaine après ce coup de vent que le soleil nous montre enfin ses rayons. C'est donc sans tarder que nous larguons les amarres direction l'archipel des Glénan et ses alentours pour 2 jours de navigation. Nous passons en revue toute la garde-robe sous différentes allures et essayons de sentir dans quelle situation la Vagues Abondent II est la plus belle pour aller danser. C'est avec le plus grand plaisir que nous jouons avec le bateau et celui-ci nous fait bien comprendre qu'il a envie de se dégourdir les jambes après les 5 mois de chantier ! Ces deux jours ont été très instructifs et nous ont permis de recenser quelques petits détails à améliorer sur le gréement que nous fixerons avant notre départ.

 

 

Mise à l'eau après 5 mois de chantier

29-09-2020

C'est avec un grand bonheur que nous mettons enfin à l'eau Vagues Abondent II après 5 mois de chantier. Quelle joie de vivre enfin à l'eau après tous ces mois passés au chantier dans la poussière permanente. Mais c'est avec grande satisfaction que nous pouvons montrer notre canot qui fait peau neuve avec une nouvelle carène en époxy, une nouvelle salle de bain, une nouvelle cuisine, sa peinture intérieure et extérieure toute fraiche, une trinquette avec ses bastaques pour retrouver son élégance d'un voilier gréé en cotre et tout plein de petits détails qui font qu'on s'y sent bien !

 

 

Mise à terre et vie au chantier

01-03-2020 à 20-09-2020

C'est en mars que nous mettons le canot au sec pour un petit refit qui lui fera le plus grand bien. Il faut dire que cette belle âme a déja bien bourlingué, pas loin de 10 ans avec les anciens propriétaires ! Le plus gros chantier sera de s'occuper de la carène. Des petites cloques font leur l'apparition après l'application d'une primaire époxy pendant la saison des pluies aux Antilles. On craint un début d'osmose sans s'alarmer pour autant. Pour repartir sur une bonne base, on décide d'enlever toutes les couches jusqu'à la strat et de tout refaire en époxy. Le rabotage d'une carène n'est pas le travail le plus palpitant mais le faire faire par un chantier c'est plusieurs milliers d'euros, le choix est donc vite fait. Il nous aura fallu 90 heures de ponçage pour enlever toutes ces années de couches... À force de nous voir poncer tous les jours, les gars qui bossent sur les chantiers du port passent nous voir. Omose ? - Oui... - Laisse-moi voir, boarf ne t'inquiète pas, ce n'est pas grand-chose. Votre carène ne semble pas si attaquée. Passez-me voir quand vous aurez fini de poncer, je peux vous prêter un testeur d'humidité. Une fois le ponçage fini on teste la carène. Ouf, rien d'alarmant, on est dans l'orange et seulement les zones près du safran sont en rouge, mais c'est classique quand un bateau reste à flot. On laisse sécher 6 mois pendant le printemps et l'été. On teste une nouvelle fois toute la carène et c'est dans le vert ! Sur le terre-plein, on rencontre Philippe qui fait le carénage de son canot. On discute bricolage, Philippe avait un chantier de bateau dans une ancienne vie, aujourd'hui il tient un super food truck et fait des crêpes super-bonnes ! Il nous recommande d'utiliser de la résine époxy pure de chez Sicomin pour refaire la carène. Encore mieux il connaît le gérant, ni une ni deux, il l'appelle et nous voilà avec une réduction de 15% sur la résine ! On passe récupérer la résine à l'usine de Pont l'Abbé. L'équipe sur place est top et les explications du gérant sur l'application du produit nous sont données. Application sur coque sèche et propre, 3 couches d'imprégnation pure. Déglaçage. Résine + mixfill pour faire une première couche d'enduit. Déglaçage. Deuxième couche d'enduit. Déglaçage. 3 couches d'imprégnation pour renfermer l'enduit. Déglaçage. Primaire époxy et enfin antifouling. Nous respectons à la lettre les temps de séchage et taux d'humidité. Tout se passe bien et on en a enfin fini avec la carène ! Il nous reste plus qu'à faire l'intérieur... Nous refaisons la cuisine, la salle de bain, la chambre arrière, les strats des aménagements que se sont un peu décollé (rien de structurel) ainsi que toutes les peintures et vernis. C'est du boulot et nous vivons en permanence dans la poussière et les odeurs des produits. Hâte que ça se termine ! On s'occupe ensuite du gréement et on décide de reconfigurer le voilier en cotre. Nous posons donc un étai de trinquette et des bastaques, le tout en textile. On finit ensuite par la peinture du pont, l'entretien du teck et on pose un nouveau mouillage, 55 mètres de chaine + 35 mètres en mouillage secondaire. Refit terminé, enfin.

 

 

Convoyage de Vagues Abondent II

03-01-2020

Nous voilà tout juste propriétaires de ce merveilleux canot, une belle âme qui possède déjà un beau sillage derrière elle. Nous sommes actuellement à Douarnenez et il est temps pour elle de venir se refaire une petite beauté à Port la Foret, petit convoyage de 70 nautiques. Les premières fois sont toujours les meilleures et c'est à ce moment-là que se créé le lien, c'est pourquoi nous profitons de la fin d'une dépression pour pouvoir récupérer du nord-ouest et ainsi tester la belle dans de bonnes conditions. Ils annoncent un peu de mer et 25 noeuds établis, on sort de Douarnenez avec deux ris et le foc haut. Nous sommes au près jusqu'au Raz et Vagues Abondent passe chaque vague avec douceur et élégance. Elle me plaît déjà. Le Raz viré, nous voilà au portant dans la baie d'Audierne, plein sud pour éviter le plein vent arrière et ainsi garder de la vitesse. S'ensuit des heures et des heures de surf avec une stabilité incroyable en s'appuyant sur sa dérive arrière. La voilà courir à 8 nœuds de moyenne sous mes yeux complètement amoureux de son sillage et de cette magnifique houle. C'est bon, c'est elle, la bonne, l'âme avec qui nous allons découvrir tant de lieux. Passé la pointe de Penmarch, le vent et la houle faiblissent et c'est sous grande voile haute que nous arrivons dans la baie de Port la Foret à 1h du matin sous un ciel étoilé.